Le psoriasis est une dermatose inflammatoire chronique multifactorielle touchant environ 3 % de la population française. Au sein de ces 2 millions de patients psoriasiques se trouvent des femmes (mais aussi des hommes) en âge de procréer. Ces femmes, appelées “jeunes” dans la suite de l’article, semblent pourtant sous-représentées dans les essais cliniques de phase III et également au sein des prescriptions de traitements biologiques (67 vs 33 %), malgré des scores de qualité de vie (DLQI, Daily Life Quality Index) plus altérés [1, 2]. Les femmes ressentent en effet une stigmatisation plus importante en lien avec leur psoriasis cutané [3].
Avant même l’expression d’un désir de grossesse, ces femmes jeunes ont donc à combattre une altération réelle de la qualité de vie, un potentiel syndrome anxio-dépressif associé [4] et un retentissement certain sur leur vie professionnelle [3, 5]. À ce sujet, l’étude PsoPRO, réalisée en partenariat avec l’association France Psoriasis, a mis en lumière 3 fois plus de périodes de chômage chez des patientes atteintes de psoriasis, avec une carrière bloquée chez environ 1 patiente sur 3. Ce qui n’arrange donc en rien la situation déjà défavorable, en termes de carrière et de salaire, des femmes sur le marché du travail [6].
Il est important de parler de sexualité avant d’aborder la conception. Une dysfonction sexuelle est observée chez une très grande majorité de patients psoriasiques (94 %) et chez 50 % de leurs partenaires même si ceux-ci n’ont pas de psoriasis [7]. Cela va souvent (mais pas toujours) de pair avec une atteinte génitale psoriasique, symptomatique dans 72 % des cas [8]. Nul doute, dans ces conditions, que ces patientes renoncent à se mettre en couple et/ou à concevoir (dans tous les sens du terme) un enfant.
La situation ainsi dépeinte est cependant à nuancer à la lueur des progrès thérapeutiques réalisés dans le psoriasis depuis 10 à 20 ans, incluant la révolution des traitements biologiques (anti-TNF, anti-IL12-IL23p40 puis plus récemment anti-IL17 et anti-IL23p19) et des petites molécules (essentiellement l’aprémilast puisque les inhibiteurs de JAK n’ont pour l’instant d’AMM que dans le rhumatisme psoriasique).
Dès[...]
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